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La couverture végétale en Région bruxelloise

Focus – Actualisation : juin 2022

Environ 52% du territoire bruxellois est couvert par de la végétation. Ce pourcentage moyen, relativement élevé, cache cependant de fortes disparités spatiales :
- dans le pentagone, le taux de végétalisation moyen est de 15%. Il est de 28% en première couronne. De nombreux îlots urbains y sont couverts par moins de 10% de végétation ;
- la seconde couronne est nettement plus végétalisée : si l’on ne tient pas compte de la forêt de Soignes, le taux de végétalisation moyen en seconde couronne est de 56%.
Par ailleurs, un tiers de la superficie régionale est couverte par de la végétation haute, avec ici aussi de très fortes différences entre communes et quartiers.

Pourquoi cartographier la couverture végétale ? 

En milieu urbain, les espaces verts et, plus largement, la végétation, remplissent de nombreuses fonctions : espaces de détente, de loisirs, de calme ou encore de rencontres, embellissement de la ville, ombrage et rafraîchissement de l’air, habitats pour la faune et la flore, infiltration des eaux pluviales, filtration de polluants, captage du dioxyde de carbone, protection contre l’érosion des sols, production de légumes, fruits et bois... La végétation urbaine contribue à la qualité de vie et à la santé des citadins et constitue un support à la biodiversité. Elle améliore aussi la capacité des villes à résister aux effets des changements climatiques (inondations, vagues de chaleur, sécheresses…). 

Extrait de la carte de la couverture végétale (2020)

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2021 (Géodata)

Le suivi spatialisé de la végétation (couverture végétale, espaces verts accessibles, habitats naturels, espaces non bâtis, etc.), qualitatif et quantitatif, fournit de précieuses informations pour une planification durable de la ville. En particulier, le taux de couverture végétale, combiné avec d’autres paramètres, apporte des indications relatives à la progression de l’urbanisation et au grignotage et à la fragmentation des espaces verts, au caractère plus ou moins vert d’un quartier, à la perméabilité des sols, à la présence d’îlots de fraîcheur ou encore, à la captation de dioxyde de carbone via la photosynthèse. En contribuant à établir des diagnostics, à dégager des tendances ou à évaluer des scénarios, ces données sont nécessaires aux processus décisionnels de planification territoriale. Elles interviennent dans certaines modélisations établies par Bruxelles Environnement dont celles des îlots de fraîcheur ou du réseau écologique bruxellois. 

Depuis la création de Bruxelles Environnement, plusieurs cartes de la couverture végétale ont été réalisées, mais ne sont pas totalement comparables entre elles

Différentes sources peuvent être utilisées pour assurer le suivi de la végétation : télédétection (photos aériennes et images satellitaires), validations ou identifications de terrain, bases de données administratives (cadastre, espaces verts, aménagement du territoire, voiries), etc. Celles-ci apportent des informations de natures différentes et complémentaires. La télédétection présente des atouts, notamment en termes de vision globale, de reproductibilité des données ou encore, de combinaison des données obtenues avec d’autres types de données au sein de systèmes d’information géographiques.
En 1997, une cartographie des espaces verts bruxellois a été réalisée à partir de plusieurs types de données : données topographiques, administratives et cadastrales, photos aériennes infrarouge, enquêtes de terrain complétées par des documents divers. Selon cette étude (IGEAT-ULB, Laboratoire de botanique systémique et de phytosociologie de l’ULB & COOPARCH 1997), les espaces verts pris au sens large occupaient dans les années ‘90 une superficie de 53% du territoire (voir fiche « Degré de verdurisation et espaces verts  »).
La progression des surfaces imperméabilisées a été évaluée à partir de l’analyse détaillée de données cartographiques et de télédétection. Il en ressort que le taux d’imperméabilisation au niveau régional est passé d’environ 40% à 47% entre 1993 et 2006 (Vanhuysse et al. 2006, voir REE 2003-2006 « Prévention et gestion des inondations dues aux pluies d’orage estivales » ). 
Une dizaine d’années plus tard, une nouvelle cartographie a été établie sur base d’images satellitaires haute résolution (pixel de 2,4 x 2,4 mètres) prises par le satellite Quickbird au printemps 2008. L’exploitation de ces images a permis d’estimer que la végétation couvrait 54% du territoire régional (Van de Voorde et al. 2010, voir fiche « Analyse des surfaces non bâties en RBC par interprétation d'images satellitaire» ). La mission Quickbird s’est achevée en 2015, ce type d’images satellitaires n’est donc plus disponible.
En 2016, les données de végétalisation ont été actualisées sur base d’images Worldview II de résolution 0,5 m prises en juillet, période plus propice à l’évaluation de la végétation. La couverture végétale a été estimée à 54,4%. Néanmoins, les différences de paramètres entre les images de 2008 et de 2016 (couloirs et dates de survol différents, résolution variable des images, …) rendent la comparaison peu précise. 

La couverture végétale régionale cartographiée sur base d’une méthodologie constante à partir de 2020 

Un partenariat a été établi entre Bruxelles Environnement et le Centre d'informatique de la Région bruxelloise (CIRB) afin de permettre d’effectuer une cartographie de la couverture végétale sur une base régulière et selon une méthodologie reproductible. Ceci facilitera à l’avenir l’interprétation des données permettant d’estimer les évolutions de la végétation. 

Extrait d’une photographie aérienne de la Région bruxelloise

Source : Orthophoto 2020 PIR, CIRB-Urbis

La première carte établie sur cette base a été réalisée à partir de photographies aériennes infrarouges prises en septembre 2020 (commandées par le CIRB). Le processus ne nécessitant pas de travailler avec le haut niveau de détail de l’image (pixel de 5 cm x 5 cm), un prétraitement des images a réduit la résolution à 2 m. 
En résumé, l’analyse consiste à réaliser une distinction entre zones vertes et non vertes en se basant sur un indice de végétation. L’indice utilisé est le « Normalized Difference Vegetation Index » (ou NDVI) qui analyse le rapport entre la lumière dont les longueurs d’onde se trouvent dans le proche infrarouge et celles se trouvant dans le rouge (pic d’absorption de la chlorophylle). La construction de cet indice, couramment utilisé, permet de distinguer de manière assez fine les zones ombragées, quantitativement importantes en milieu urbain. La végétation basse a été différenciée de la végétation haute (plus de 2 mètres) sur base d’une interprétation stéréoscopique (c’est-à-dire d’une technique, ici automatisée, permettant une perception du relief à partir de deux photographies aériennes légèrement décalées et combinées comme le ferait notre cerveau avec les images reçues par nos yeux).
Il convient de garder à l’esprit que, même avec cette méthodologie, la comparaison de la couverture végétale au cours du temps comportera toujours une petite marge d’imprécision liée à différents facteurs : prises de vue à des périodes de végétation différentes (même si les dates sont identiques vu les variations naturelles des cycles de végétation), croissance de la végétation au cours du temps (canopée plus couvrante), parcelles agricoles dont le sol peut être nu au moment des prises de vue, etc.  
De plus amples informations sur la méthodologie d’évaluation du taux de végétalisation sont disponibles sur le site Internet de Bruxelles Environnement. 

Une couverture végétale fortement liée à la morphologie de la ville

La carte de la couverture végétale, obtenue selon la méthode explicitée ci-dessus, indique la présence et la répartition de la végétation en Région bruxelloise. Elle représente le taux de couverture végétale (arbres, arbustes, végétation basse, toitures vertes, friches enherbées, etc.) - ou taux de végétalisation - à l’échelle de chaque îlot urbain (ensemble de parcelles, bâties ou non, séparées des autres par des voiries). 
Notons que la couverture végétale ainsi estimée diffère quelque peu de la superficie de végétation se trouvant au niveau du sol du fait de la prise en compte de la couronne (plus large que le tronc) des arbres implantés en voiries et des toitures vertes. Par ailleurs, les éventuels champs ou chantiers non couverts par de la végétation durant la période de la prise des photos aériennes analysées ne sont pas pris en compte. Un traitement automatique permet de ne pas comptabiliser comme de la végétation haute les champs couverts par des cultures de plus de 2 mètres (maïs en particulier).
Le taux de végétalisation, mis en regard du nombre d’habitants concernés, a été calculé par grands « secteurs urbains » (terminologie propre) : pentagone, première couronne au nord-ouest du canal, première couronne au sud-est du canal, seconde couronne au nord-ouest du canal, seconde couronne au sud-est du canal (de part et d’autre de la forêt de Soignes), forêt de Soignes et Neerpede.

Taux de couverture végétale par secteur et îlot urbain (2020)

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2021

 

A l’échelle globale, la Région bruxelloise apparaît relativement verte : 52% de son territoire est couvert par de la végétation (2020). 
Mais ce pourcentage moyen cache de très fortes disparités spatiales : 
- dans le pentagone (54 000 habitants), le taux de végétalisation moyen est de 15%. Il est de 28% en première couronne (592 000 habitants). De nombreux îlots urbains y sont couverts par moins de 10% de végétation ; 
- la seconde couronne (320 000 habitants) est nettement plus végétalisée, en particulier dans le sud-est et les zones surtout périphériques à l’ouest du canal. Si l’on ne tient pas compte de la forêt de Soignes, le taux de végétalisation moyen en seconde couronne est de 56% soit le double de celui de la première couronne.

Logiquement, le taux de végétalisation est assez lié à la morphologie de la ville. Il est plus faible dans les quartiers où le bâti est dense et les îlots souvent fermés par un bâti continu. Il est aussi peu élevé dans le tissu (post) industriel situé le long du canal. Il est au contraire plus élevé dans les quartiers d’habitats moins denses avec des îlots ouverts ou semi-ouverts. Les zones vertes se concentrent en particulier dans le sud-est et les zones surtout périphériques à l’ouest du canal, notamment autour de la forêt de Soignes, dans la vallée de la Woluwe, à Neerpede, Ganshoren, Jette, Laeken et Neder-Over-Heembeek. La forêt de Soignes, à elle seule, couvre 10% du territoire régional. Du fait de sa localisation, elle profite avant tout aux habitants du sud-est de la Région. 

Une distinction a été faite entre la végétation haute (plus de 2 mètres) et basse.

Taux de végétation haute (> 2 mètres) par îlot urbain (2020)

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2021

Environ 33% du territoire bruxellois est couvert par de la végétation haute, avec ici aussi de très fortes différences entre communes et quartiers. La couverture de végétation haute s’étage ainsi entre 13% (Saint-Gilles) et 70% (Watermael-Boitsfort).
Une donnée similaire est également collectée, à partir d’images satellites, pour un millier de villes européennes dans le cadre du projet européen Copernicus (volet surveillance terrestre).  D’après cette source, la couverture moyenne de la canopée pour l’ensemble des villes européennes est de 28%, soit sensiblement moins que les 37% estimés pour la Région bruxelloise (2018). Avec des taux de canopée très proches, la Région bruxelloise ainsi que Namur et Leuven sont les villes belges les plus arborées. La présence de la forêt de Soignes sur 10% du territoire bruxellois explique ce score particulièrement élevé. 
Remarquons que cette carte est fortement liée à celle des îlots de fraicheur (voir focus Cartographie des îlots de fraicheur à Bruxelles). Le phénomène d’îlot de chaleur urbain est en effet d’autant plus prononcé que l’urbanisation est importante et que la végétation est peu présente. A cet égard, les couronnes des arbres s’avèrent particulièrement efficaces pour améliorer localement le confort thermique ressenti (voir focus  Végétaliser pour refroidir les espaces urbains : des solutions fondées sur la nature). 

1/5ème des territoires des communes de Saint-Josse et Saint-Gilles couvert par de la végétation

Sans surprise, le taux de couverture végétale diffère sensiblement entre communes. Une différence marquée s’observe entre les communes périphériques du sud-est dont le taux de végétalisation s’étage entre 67% et 86% (Woluwe-Saint-Pierre, Auderghem, Uccle, Watermael-Boitsfort) et le reste de la Région (de 19% à 55% de végétalisation). Les taux les plus faibles s’observent dans les communes de Saint-Josse et Saint-Gilles dont seulement 1/5ème du territoire est recouvert par de la végétation (couronne des arbres comprise). Ceci s’explique principalement par le fait que ces deux communes, tout comme le pentagone (dont le taux de végétalisation est de 15%), concentrent des quartiers très denses. Ces disparités en termes de couverture végétale sont encore plus criantes si on les rapporte au nombre d’habitants par commune (voir tableau ci-dessous). 

Couverture végétale et espaces verts accessibles par commune et par habitant (2020) – tableau

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2021 (données de population Statbel)

Pour en savoir plus : tableau reprenant les données quantitatives sur la couverture végétale haute et basse (en % du territoire et m2/hab.) et les espaces verts accessibles (en % du territoire et m2/hab.)  

Couverture végétale haute et basse (en % du territoire et m2/hab.) et espaces verts accessibles (en % du territoire et m2/hab.) par commune (2020)

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2022 


 Notons que si l’importance de la couverture végétale à Watermael-Boitsfort, Uccle, Auderghem et Woluwe-Saint-Pierre s’explique en partie par une présence importante de parcs et/ou de rues arborées et/ou de grands jardins dans certains quartiers, elle est aussi liée à l’implantation de la forêt de Soignes sur une part plus ou moins grande de ces communes. Ceci doit amener à nuancer les conclusions que l’on peut tirer de ces taux de végétalisation établis à l’échelle d’une commune. Dans une commune dotée d’un important taux de végétalisation moyen, certains quartiers peuvent être néanmoins pauvres en espaces verts.  
Pour apprécier l’offre en espace verts d’un quartier ou d’une commune, ces données doivent être également accompagnées de données sur la taille et la répartition spatiale des espaces verts publics (voir Focus consacré à l’accessibilité des espaces verts au public). Par exemple, le tableau ci-dessus montre que si les communes de Saint-Gilles et Saint-Josse ont un taux de couverture végétale ainsi qu’une superficie de couverture végétale par habitant équivalente, les habitants de Saint-Josse disposent d’environ 5 fois plus de m2 d’espaces verts publics par habitant (notamment du fait de la présence du Jardin botanique). Par ailleurs, comme expliqué dans le focus sur les espaces verts publics, des communes globalement bien végétalisées peuvent néanmoins avoir une part importante de leur population pour qui l’accès aux espaces verts publics est insuffisant. C’est par exemple le cas de la commune d’Uccle où certains quartiers denses sont peu équipés en espaces verts.  D’autres quartiers situés dans des communes globalement assez vertes, voire très vertes, sont également dans cette situation. A contrario, certains grands espaces verts sont bien accessibles pour les habitants d’une commune bien que ces espaces se situent en dehors du territoire communal (voir aussi Focus consacré à l’accessibilité des espaces verts au public). C’est le cas notamment du parc de Forest ou du parc de la porte de Hal au regard de la commune de Saint-Gilles. Mentionnons également le cas particulier de la ville de Bruxelles qui englobe à la fois le pentagone mais aussi des quartiers périphériques plus végétalisés (bois de la Cambre, Hembeek, Laeken, …). D’un point de vue urbanistique, l’analyse de l’offre en espaces verts est de ce fait surtout pertinente à l’échelle des quartiers.

Que peut-on dire de l’évolution de la couverture végétale ?

Comme expliqué précédemment, il n’est pas possible de comparer en détail la carte de 2020 avec des cartes plus anciennes réalisées avec d'autres techniques et méthodologies (différences de résolution, de mesure de la lumière infrarouge, de classification de la végétation ou encore, de dates de prise des photos aériennes ou images satellites). 
Les taux de couverture végétale évalués par les différentes méthodes s’étagent entre 52% (2020), 53% (1997) et 54% (2008, 2016). Ces chiffres ne permettent pas de tirer de réelles conclusions concernant les tendances en raison du manque de comparabilité des données mais aussi des marges d’erreur qui leur sont associées et qui sont susceptibles de masquer les évolutions globales réelles de la couverture végétale (par ex. champ non couvert de végétation au moment de la prise de vue aérienne, friche qui se végétalise, petit terrain bâti masqué par la couronne des arbres environnants…). Or une évolution de « seulement » 1% du couvert végétal correspond à une variation de 161 ha soit grosso modo 322 terrains de football ce qui est une superficie considérable pour la Région bruxelloise. Les comparaisons visuelles d’images aériennes sont aussi rendues difficiles par la croissance de la végétation et, en particulier, des arbres. 
Une comparaison visuelle a cependant été effectuée avec la cartographie de la végétation réalisée en 2016 (pour rappel, cette carte était aussi basée sur l’analyse de photos aériennes prises dans l’infrarouge). Celle-ci a permis d’identifier 9 zones où la perte de surface végétalisée est supérieure à 1 ha et 2 zones où le gain en surface est supérieur à 1 ha (voir tableau ci-dessous « Pour en savoir plus »). La plupart des zones où un tel espace vert continu de plus d'un hectare a disparu sont situées dans le nord de la région, à Haeren et Neder-Over-Heembeek. La zone la plus importante est le site de Keelbeek où la prison de Haeren est en cours de construction, avec une perte de près de 12 hectares de végétation. Des travaux sont également en cours sur d'autres sites où la végétation a disparu. Dans certains cas, une végétation peut réapparaître sur une partie des sites une fois les chantiers terminés (par ex. site de l’OTAN). 

Pour en savoir plus : tableau détaillant les zones où la perte/gain de couverture végétale est > à 1 ha

Identification de zones où la perte/gain de couverture végétale est > à 1 ha (comparaison visuelle de photographies aériennes, 2016-2020)

Source : Division espaces verts - Bruxelles Environnement 2021 

 Des chercheurs de l’Université d'Amsterdam ont procédé à la comparaison de deux photographies aériennes infrarouges de la couverture végétale de la Région bruxelloise, datant de 2003 et 2016. Sur la base de ces recherches, les scientifiques ont conclu que 14,4 % de la végétation bruxelloise avait disparu au cours de cette période (Balikçy et al. 2021). Ces résultats doivent être considérés avec prudence compte tenu des marges d’erreurs inhérentes à la méthode (voir ci-dessus) mais aussi du fait qu’une partie de la Région n’a pas été analysée dans cette étude (ouest de Neerpede, sud de la forêt de Soignes) ce qui amène un biais sur le pourcentage de perte. Les grandes zones de perte de végétation identifiées par les chercheurs s’inscrivent néanmoins dans la même tendance géographique que les analyses de Bruxelles Environnement, à savoir une forte pression de l’urbanisation dans le nord-est et le sud-ouest de la Région. Il convient par ailleurs de remarquer que la zone la plus étendue de perte de végétation détectée par les chercheurs entre 2003 et 2016 - et qui correspond à l’ancien site de l’OTAN - est également celle au niveau de laquelle on observe la plus forte progression de la couverture végétale entre 2016 et 2020 (voir tableau ci-dessus). Cette observation correspond à une revégétalisation du site après travaux et témoigne des difficultés qui peuvent se présenter pour tirer des conclusions sur les tendances d’évolution de la végétation à l’échelle régionale.

L’évolution de la couverture végétale est liée à plusieurs facteurs, à savoir essentiellement :

  • le développement naturel de la végétation, et plus particulièrement des couronnes arborées, dans les espaces végétalisés (voiries, parcs, jardins privés…), ce qui conduit à une augmentation de la couverture végétale observée depuis le ciel. Ce phénomène est particulièrement visible dans les zones de friches (Gare de l’Ouest, Schaerbeek formation…) et sur certains axes routiers (avenue Louise, certains tronçons de la petite ceinture, etc.) ;
  • l’urbanisation, qui a lieu principalement dans des espaces majoritairement végétalisés. Il concerne des surfaces plus ou moins étendues : jardins (construction de terrasses, annexes, etc.), dents creuses (par ex. construction de logements unifamiliaux), friches ou grandes parcelles (par ex. construction de villas, de complexes de logements publics ou privés, d’équipements collectifs), terrains de sport (remplacement d’un terrain enherbé par du gazon artificiel). Cette urbanisation est considérablement plus active en seconde couronne qu’en première couronne ;
  • la végétalisation ponctuelle d’espaces bâtis via la plantation d’arbres, la création de toitures végétalisées voire parfois une désimperméabilisation des sols. Ces aménagements, trop peu nombreux pour influencer significativement la couverture végétale régionale, sont par ailleurs bien plus perceptibles au niveau des quartiers fortement minéralisés. 

Face à l’accroissement démographique très important qu’a connu la Région bruxelloise (+ 27% entre 2000 et 2020, avec de fortes différences selon les communes (+ 38% à Bruxelles-Ville contre + 2% à Watermael-Boitsfort), de nombreux bâtiments - et, en particulier, des logements - ont été construits depuis une quinzaine d’années. Ces constructions se font essentiellement dans des zones non bâties végétalisées, souvent intéressantes en termes de biodiversité et fréquemment localisées en seconde couronne. Par ailleurs, cet accroissement démographique n’a pas été compensé par une augmentation équivalente des espaces végétalisés accessibles ce qui se traduit par une pression accrue sur les espaces verts existants et une augmentation de la population vivant dans des quartiers peu pourvus en espaces verts de proximité (voir focus Espaces verts accessibles au public). 
L’appréciation du caractère plus ou moins vert d’une ville doit aussi tenir compte de la qualité de la végétation. Cet aspect est développé dans le focus consacré à la carte d’évaluation biologique de la Région bruxelloise

Datum van de update: 07/09/2022

Documenten: 

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