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Emissions de gaz à effet de serre

Indicateur - Actualisation : août 2022

Le CO2 est de loin le principal gaz à effet de serre (GES) émis sur le territoire régional (90% en 2020). Les principaux émetteurs de GES à Bruxelles sont l'énergie utilisée par les bâtiments (résidentiel et tertiaire ; 55% des émissions directes de GES en 2020) et le transport routier (24%). Depuis 2010, les émissions de GES montrent une tendance générale à la baisse, parallèlement à la réduction de la consommation énergétique, alors que la population a augmenté.

Des objectifs

Suite à la Convention-cadre des Nations Unies sur le climat (CCNUC) en 1992, le Protocole de Kyoto (1997) constitue le premier accord concernant la politique climatique internationale. Les pays industrialisés s’y étaient engagés de manière concrète et contraignante à réduire les émissions de gaz à effet de serre (de 5%) sur la période 2008-2012. 

Depuis, dans le cadre de la CCNUC, différents accords internationaux accompagnés d’objectifs de réduction poursuivent l’effort de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Le principal est l’Accord de Paris (COP21), adopté en 2015, dans lequel l’Union européenne a fixé sa contribution volontaire à -40% d’émissions de gaz à effet de serre en 2030. Cet engagement a été rapidement suivi par l’adoption fin 2019 d’un objectif de neutralité climatique au niveau de l’Union à l’horizon 2050. Devant cette ambition croissante, et pour que la trajectoire de réduction reste cohérente, les États membres de l’UE ont revu leur engagement pour 2030 à la hausse. Ensemble, ils s’engagent maintenant à réduire les émissions d’au moins 55 % par rapport au niveau de 1990. Cet objectif a été réparti entre les Etats membres, et l’objectif belge vise une réduction de -47% d’ici 2030. 

En ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale, son ambition a également évolué progressivement. Après s’être engagée via le « Pacte des Maires » à réduire ses émissions de 30% à l’horizon 2025 (par rapport à 1990), elle a  affirmé son ambition par la suite. L’ordonnance climat, adoptée en juin 2021, stipule que la Région doit atteindre la neutralité carbone en 2050, en réduisant les émissions régionales directes de minimum 40% en 2030, 67% en 2040 et 90% en 2050, par rapport à 2005. Un objectif rehaussé à 47% pour 2030 a depuis été adopté par le gouvernement le 5 mai 2022. Ces objectifs seront mis en œuvre par le prochain Plan régional  « Air-climat-énergie ». 

Le CO2 reste le principal GES en Région bruxelloise

Les six gaz à effet de serre (GES) visés par les différents accords internationaux sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF6). D’autres gaz participent à l’effet de serre, mais ne sont pas pris en compte dans le calcul des objectifs de réduction. Concrètement, pour les calculs, les émissions de ces gaz sont converties en « équivalents CO2 », en pondérant chaque gaz par son potentiel de réchauffement global (par rapport au CO2).

Seuls les GES émis directement sur le territoire sont visés (émissions directes). En Région bruxelloise, ces émissions directes sont essentiellement le fait de processus de combustion utilisant des combustibles fossiles (gaz naturel et produits pétroliers). Le CO2 est de loin le principal GES émis sur le territoire régional (90% en 2020). 

Des émissions directes par le chauffage des bâtiments et le transport

En 2020, le chauffage des bâtiments (résidentiel et tertiaire) totalise à lui seul 55% des émissions directes de GES. Le secteur des transports, quant à lui, totalise 25% des émissions en RBC. Il est à noter que 24% sont en réalité émis par le transport routier exclusivement, qui est donc nettement prépondérant par rapport aux autres formes de transport (notamment fluvial et ferroviaire). Ensemble, les bâtiments et le transport représentent donc pour 2020 79% des émissions directes de GES.

A titre de comparaison, en Région flamande, en 2019, les principaux secteurs émetteurs étaient l’industrie (27%), la production d’énergie (24%), le transport (21%) et les ménages (12%) [VMM, juin 2022]. Et, en Région wallonne, en 2020, l’industrie (31%), le transport (22%), le résidentiel (16%) et l’agriculture (13% ; AWAC, juin 2022). Le chauffage des bâtiments est donc une source proportionnellement moins importante pour les autres Régions, pour lesquelles l’agriculture et l’industrie y sont des sources dominantes, différence qui s'expliquent par le caractère essentiellement urbain de la Région de Bruxelles-Capitale. 

Emissions directes de GES en Région de Bruxelles-Capitale de 1990 à 2020

Source : Bruxelles Environnement, Dpt Evaluation Air Climat Energie 2022 – version 20/02/2022 

Les émissions de GES bruxelloises diminuent globalement depuis (2004 et surtout) 2010. En 2020, les émissions de la région ont ainsi diminué de 23% par rapport à 1990 et de 28% par rapport à 2005. 

Entre 2004 et 2020, les émissions liées aux bâtiments ont diminué de 38,5%, alors que la population bruxelloise a augmenté (+ 22%, d'après Statbel) et le parc de bâtiments résidentiels a progressé (+ 4,7%, d'après Statbel et SPF Finances – AG Documentation patrimoniale). Le stock de bureaux diminue par contre depuis 2013, mais reste supérieur à celui de 2007 (selon les données de l'Observatoire des bureaux). Un découplage entre les émissions régionales de GES et la population est ainsi amorcé. 

Cependant, comme le montre la ré-augmentation des émissions totales de GES en 2010, 2013 et 2016, cette évolution est également liée aux conditions climatiques, étant donné la part du chauffage des bâtiments dans les émissions : hivers relativement plus doux en 2011, 2014 et 2020 -correspondant à des creux sur la courbe ci-dessus-, plus rudes en 2010, 2013 et 2016 -pics sur la courbe-. 

A noter que l'année 2020 représente une année particulière vu les confinements en lien avec la pandémie COVID. Elle a été marquée par une réduction significative des émissions de GES du transport routier et par une baisse des émissions dans le secteur tertiaire. Vous trouverez plus d'infos sur le sujet dans le focus spécifique

Le cas spécifique des gaz fluorés

Les gaz fluorés, souvent appelés « Gaz F », sont de plusieurs types, et constituent un cas particulier pour le réchauffement climatique. Parmi les plus courants, on note les CFC, les HFC ou les PFC, qui ont des impacts différents sur le réchauffement climatique ou sur le trou dans la couche d’ozone. 
Les émissions GES liées à l’utilisation de gaz fluorés ont augmenté entre les années ’90 et 2014. Elles ont été stables entre 2014 et 2016, et enregistrent un déclin depuis 2017. L’augmentation des 30 dernières années fait suite à l’interdiction de la production de CFC par le Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone (1987). Depuis, les installations de réfrigération ou de climatisation (principalement) utilisent alors les HFC ou les PFC, non-nocifs pour la couche d’ozone, mais bel et bien problématiques puisque responsables de l’aggravation du phénomène de réchauffement climatique. En effet, les gaz fluorés ont un potentiel de réchauffement global (PRG) plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2 (voir tableau des PRG selon le dernier rapport du GIEC). Même de faibles quantités présentes dans l’atmosphère peuvent donc avoir d’importantes conséquences pour le climat. Le gouvernement régional s’est  engagé, dès 2020, à renforcer le contrôle en matière de gaz réfrigérants HFC, ainsi qu’à mettre en place des incitants financiers pour les nouvelles installations utilisant des fluides frigorigènes alternatifs (voir aussi le Plan énergie climat 2030). 

Des émissions indirectes non-négligeables

Outre les GES émis sur le territoire bruxellois (« émissions directes »), la Région est également à l’origine d’émissions « indirectes », liées à la production hors Région d’une partie de l’électricité consommée en RBC (près de 90% de l’électricité consommée), et au-delà, à la production des biens de consommation importés en RBC (alimentation, appareils électroménagers, matériaux de construction, textiles, ...).

Les émissions indirectes de la Région bruxelloise ont été estimées à près de 20.000 ktonnes CO2 éq pour 2015 (dans le cadre d'une étude destinée à identifier des scénarios "bas-carbone" pour 2050, réalisée en 2017 par Bruxelles Environnement) ; soit plus de 5 fois plus que les émissions directes. 
La prise en compte des émissions indirectes dans la lutte contre le changement climatique est reprise dans les articles 1.2.3 et 1.2.4 du Code Bruxellois de l’Air, du Climat et de la maîtrise de l’Energie (COBRACE) tels qu’insérés par l’Ordonnance Climat du 17 juin 2021. Bruxelles Environnement travaille ainsi à l'établissement d'un cadre méthodologique sur la comptabilisation des émissions indirectes afin de permettre d’actualiser et de préciser l’estimation donnée plus haut.  

Datum van de update: 11/08/2022